Affaire de la sextape: le parquet requiert de la prison contre Benzema

Le procureur a requis 10 mois de prison avec sursis contre Karim Benzema et 75 000 euros d’amende dans l’affaire de la tentative de chantage à la sextape visant Mathieu Valbuena.

Après deux jours d’audience, le procureur a requis une lourde peine pour Karim Benzema avec 10 mois de prison avec sursis et 75 000 euros d’amende. 4 ans de prison et 15 000 euros d’amende sont requis contre Mustapha Zouaoui, considéré comme l’instigateur de cette affaire. 18 mois de prison et 15 000 euros d’amende pour Axel Angot et 2 ans pour Karim Zenati. « Les faits de chantage sont parfaitement établis », a déclaré Ségolène Marès, la substitut du procureur.

La procureure est revenue longuement sur le rôle de Benzema dans cette affaire. « Benzema est au courant. Il cautionne, explique-t-elle. Il faisait partie d’une stratégie et en avait conscience. Il s’associe au projet et parle en disant « nous ». M. Benzema prend part à une stratégie élaborée, il est briefé et l’absence d’agressivité fait partie de la stratégie. Là on est plus dans la pression, la menace, on essaye d’être sympa. On profite de son rôle de bon camarade dans l’Equipe de France ».

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Durant l’audience, l’échange téléphonique entre Benzema et Karim Zenati a notamment été divulguée. « Il nous prend pas au sérieux…, répond l’attaquant du Real Madrid. Il m’a dit : je l’ai dit à ma meuf. Il faisait le mec pas impressionné…. Je lui ai dit j’ai vu la vidéo. Je te donne ma parole que y a pas de copie. Il m’a demandé mais ils veulent quoi? De l’argent? J’ai dit j’en sais rien, va voir mon ami il fera l’interface. C’est pas une question de buzz mais de fierté, de famille. Fais ta vie moi je t’ai prévenu. Si tu veux que la vidéo soit détruite, tu vas à Lyon, tu parles à mon ami. »

Valbuena réclame 150.000 euros

Au cours des plaidoiries de la partie civile, l’avocat de Mathieu Valbuena explique de son côté que Karim Benzema s’est comporté en « parrain ». « Quand c’est Karim Benzema, votre co-équipier de l’équipe de France, qui vous dit ‘j’ai une solution’, c’est mafieux comme discours ».

Il a réclamé 150.000 euros de dommages et intérêts, pour un préjudice qu’il décrit comme « sidéral ». Il a notamment insisté sur les conséquences sportives de cette affaire, avec notamment une absence de l’équipe de France à l’Euro 2016. « Ça l’a tué sportivement, familialement, ça l’a tué dans l’esprit de beaucoup de gens. (…) Du jour au lendemain, à cause de cette affaire, il a tout perdu », a soutenu Me Paul-Albert Iweins.

La Fédération française de football (FFF), également partie civile, a demandé une indemnisation « symbolique » de 1 euro.